Le grand feu de BOURIN

Publié le par Loba

Le grand feu
 



A la fin du 11° et au début du 12° siècle, dans la région de Blois, nous suivons la vie de certains sujets de la Comtesse de Blois, Adèle, fille de Guillaume le Conquérant.

A sa suite, s'est installée à Blois toute une communauté de Normands, dont Bernohld.
Isambour est une jeune brodeuse de la cour d'Adèle. Un soir, un incendie se déclare dans un des châteaux. Elle est piégée par les flammes avec sa cousine, mais elles sont secourues par deux jeunes normands. Isambour tombe de suite sous le cjharme nordique du maître verrier Bernhold. C'est réciproque. Ce dernier n'écoutant que son coeur décide de l'épouser. Il demande la main de la jeune fille à son tuteur et oncle qui refuse, sa nièce étant déjà promise à un autre.
Qu'importe! La coûtume du rapt est toujours de rigueur chez les Normands.
Le jeune homme kidnappe donc sa bien aimée avec son consentement.
La comtesse est même le témoin de leur mariage...

17 ans ont passé et la famille s'est agrandit. Ils ont eu leur lot de malheur : des enfants morts nés, un garçon mort lors d'une chute d'un arbre mais surtout leur fille aînée défigurée par un chien.
Mais cela n'a pas altéré l'amour que se porte les deux parents, comme au premier jour. Ils ont foyer prospère grâce à l'activité de Bernohld rejoint par son fils aîné.
Ce dernier âgé de 17 ans et amoureux d'une jeune demoiselle. Quoi de plus normal!!??
Sauf quand votre père kidnappe votre bien aimée pour aller s'installer avec elle en Angleterre...

Voilà encore une des merveilleuses oeuvres de cette grande dame disparue!
Ici elle a pris pour cadre le le début du 12° siècle dans la région de Blois à l'époque de le comtesse Adèle, fille de Guillaume le conquérant. Elle fut une des premières femmes à l'origine de ce que deviendra l'amour courtois. Elle avait le tempérament de feu de son père et la beauté de sa mère Mathilde, reine d'Angleterre.
On suit donc les méandres de la vie d'un couple mixte, le mari étant un étranger, un Normand. On ressent l'animosité envers cette population. On ne les apprécie que moyennement et pour ne pas déplaire à la comtesse, elle même à moitié normande.

Ils s'aiment, on voit leur amour éclore. Et on les retrouve avec 6 enfants, allant du nourrisson au jeune homme de 17 ans. Ils ont eu des épreuves et notamment la défiguration de leur fille aînée. Elle s'est plongée depuis dans un mutisme, elle en veut à ses parents, elle pense que c'est pour les punir qu'elle doit souffrir et subir le regard des autres...

Presque tout pourrait aller bien dans ce foyer jusqu'au jour où le fils aîné amène sa promise pour la présenter à ses parents. Hé là, l'horreur!! Le père tombe amoureux de sa future brue. Ils partent vers l'Angleterre, laissant derrière eux une femme enceinte et avec 6 enfants et un amoureux (et fils) fou de chagrin!!!

On va voir ce fils vouloir se venger de ce voleur de père, qui ne pense qu'à le tuer. On voit cette femme souffrir de cette trahison, mais qui continue malgré tout d'aimer son mari. Elle ne veut que le voir revenir et lui pardonner sans rien dire. Elle est juste peinée de se dire que son enfant à venir verra le jour sans son père...On a l'impression qu'elle ne se soucie pas du chagrin de son fils, qui est doublement trahi quand même.

Je n'ai pas aimé la réaction de cette femme. Au vu de tous, elle a été laissée comme une moins que rien, par un homme qui ne cessait de lui déclamer son amour, et qui au premier coup d'oeil sur une jouvencelle, la quitte sans un signe, dès le lendemain. Elle est qd même enceinte. Elle ne lui en veut pas, au contraire, on a presque l'impression que cette séparation subie attise son amour pour cet homme infidèle. Elle en vient presque à délaisser ses enfants pour ne penser qu'à lui. Elle ne les voit pas souffrir.
Elle pense que son homme a été abusé par cette "sorcière". Or, c'est lui le plus fautif. La jeune fille était contente de voir un homme mûr s'amourachait, mais pour elle, c'était plus une passade. Elle regrette. Alors que lui, à aucun moment, il ne regrette d'avoir quitté sa femme et sa famille. Il tente même de refaire une famille avec cette fille de 15 ans, cette gamine  qui ne s'est pas bien rendue compte de ce qui lui arrive.

Les années passent...bien des péripéties et le mari revient dans le bercail. Il est apathique,sa maîtresse s'est pendue alors qu'elle était enceinte, il est handicapé, il ne peut plus marcher. Il revient penaud et là....sa femme l'accueille les bras ouverts!!! Pour ma part, j'étais scandalisée!! Elle va s'occuper de lui, il va même la rejeter pendant 7 ans pour expier sa faute, à LUI!! C'est elle qui subit cet enfermement physique et psychologique, alors qu'elle n'a fait qu'attendre son retour, le défendre contre tous. Et voilà les remerciements.

Et toujours aux dépends de son amour de mère. Elle aime ses enfants, c'est indéniable, mais cette femme ne vit que pour cet homme, ce traître...

J'ai vraiment trouvé que cette femme était vraiment stupide. Elle a été la risée de tous, son mari s'est moqué d'elle, il lui a été infidèle, il a poussé par son inbécilité une jeune fille au suicide. Et sa femme me comprend presque, pour elle, il n'est pas coupable. Tout est la faute de l'ex-future-brue!!!
Son fils souffre?? Bah c'est rien, il va retrouver une femme
Sa fille défigurée souffre?? Bah c'est rien, on va payer un homme pour qu'il l'épouse...

Rien ne compte plus que cet homme. Autant leur amour était beau au début de ce livre.Autant, après, il m'a dégoutée. Je n'ai pas trouvé cette femme forte! Elle s'est faite avoir par cet homme. Lui a le beau rôle...

Le titre évoque le feu qui dévore l'âme quand la passion vous prend, le feu qui tord le ventre de jalousie, le feu qui broie les membres quand l'être aimé nous manque...mais aussi évoque le Feu de Saint Antoine, ce mal venant de l'ergot de blé, qui brûle de l'intérieur.

Un livre beau, mais dont l'héroine m'a vraiment dégoutée!!!
 
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Argantel 17/04/2008 12:57

Ce livre est agréable à lire mais franchement pas le meilleur de Jeanne Bourin. Rien à voir avec le plaisir de lire "La chambre des dames"

Aileean 14/04/2008 13:20

Aïe, le début de ton article semablait prometteur, mais apparemment, l'héroîne n'en est pas vraiment une...Je ne sais pas finalement si je me laisserai tenter par celui-là.