Le phénix vert de T. Burnett Swann

Brûlée, pillée par les Achéens, Troie n'est plus qu'un souvenir. Enée le parjure, qui a réussi à fuir, accoste avec ses pirates sur les rives d'un monde inviolé. La souveraine des lieux est formelle: l'envahisseur doit mourir. Mais la jeune Mellone, dryade chargée d'appliquer la sentence, s'interroge: Enée est-il vraiment le monstre que l'on décrit? Pour les derniers êtres magiques de l'Âge d'or, un terrible combat s'engage - peut-être le dernier.
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Dans la littérature qui a revisité le mythe troyen, on ne parle que de la guerre entre grecs et troyens, de la chute de Troie, des héros Achille et Hector. Mais ici rien de tout cela. Troie est détruite depuis près de 20 ans. Tous les héros de cette guerre ont disparu ou sont rentrés dans leur patrie comme Odysseus ( Ulysse). Mais pas Enée! Pour lui, la guerre de Troie a été très cruelle. Il a perdu sa ville d'adoption, a perdu sa femme bien aimée Creuse, une des filles du roi Priam. Il n'a pu sauver que son père Anchise et son fils Ascagne.
Il est arrivé à Carthage et fut aimé de sa reine Didon. Mais des présages lui ont révélé qu'il serait le fondateur de la nouvelle Troie. Il a dû quitter sa bien aimée, qui de dépit s'est suicidée.
Il est maudit : fils d'Aphrodite, toutes les femmes qu'ils aiment lui sont arrachées par la mort.
Et le voilà qui arrive avec ses compagnons et son fils sur les rives du Tibre...
Voilà où commence ce cycle. Bien après la fin de Troie et peu de temps avant la fondation de la future Rome.
Les survivants troyens arrivent dans la péninsule italique. On y trouve des dryades, des faunes, des lions et des centaures. Mais voilà que la reine des dryades décident qu'Enée le perfide doit mourir. Elle donne cette charge à une des leurs : Mellone.
Mais c'était sans savoir qu'Enée n'est pas l'homme que l'on décrit. C'est un homme d'honneur, d'amour, d'arts et d'une beauté à couper le souffle. Mellone ne peut que succomber dans ses filets. Mais dryade et humain ne peuvent s'aimer....
Voilà un début de cycle très inspiré de l'histoire de Troie et de l'Enéide de Virgile. Il y a tous les personnages principaux : Enée, Ascagne, Didon, Lavinia, Anchise...mais s'y ajoute des peuples magiques, que l'on retrouvait déjà dans la mythologie grecque comme les faunes et les centaures. Donc le mélange s'accorde à merveille. Cela ne choque pas.
Enée est un personnage exceptionnel. Cela vient surement de son côté divin. Du coup, son fils , qui n'a qu'un quart de sang divin, ne supporte pas la comparaison d'avec son géniteur. Il fait très (trop) humain, il est sanguinaire, violent dans ses sentiments. Il est l'opposé de son père et comme il le dit si bien "il est le père et son père, le fils".
Ce sont des hommes fragiles, car déracinés. Mais leur destin est de s'enraciner dans cette nouvelle contrée, ce qu'ils ont rapidement.
Pour ce qui est de l'écriture, on sent vraiment que l'auteur était avant tout un poète. L'écriture est musicale, on a l'impression de ne pas lire un roman, mais un long poème dans la digne ligne de Virgile ou Homère, ou bien un opéra dramatique à l'instar d'Henry Purcell.
Le livre se lit vite grâce à cette fluidité des phrases, mais aussi tout simplement du fait du peu de pages (d'ailleurs je me demande pourquoi l'éditeur a fait 3 tomes, alors qu'ils sont tous les 3 légers).
Bref, un magnifique livre!!!
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